À la conquête du Daisetsuzan !

hokkaido

Nouveau périple, nouveau cadre. Exit les plages de la mer de Seto, cap au nord ! Le Parc National du Daisetsuzan (大雪山, littéralement « grande montagne enneigée ») est par sa taille le premier de l’archipel japonais et se situe sur l’île d’Hokkaido, la plus au nord des quatre îles principales. Constitué du massif montagneux éponyme, il est dominé par le Mont Asahidake, haut de ses 2 290 mètres et par ailleurs point culminant d’Hokkaido. Au total, le parc compte 16 pics dépassant les 2 000 mètres d’altitude. Il offre parmi les plus beaux paysages du Japon et regorge d’une faune et d’une flore des plus riches, avec de nombreuses espèces rares et notamment une population d’ours bruns très prolifère. Comme nous avons pu en être témoins…

Mais commençons par le début. Le parc est situé à environ 1 000 kilomètres de Tokyo, et c’est donc à l’aéroport international de Narita que notre périple a commencé. Si l’on s’y prend à l’avance, il est possible d’obtenir des tickets vraiment bon marché auprès des deux principales compagnies low-cost que sont Skymark et Jetstar. Dans notre cas, nous avons pu effectuer l’aller-retour pour la modique somme de 10 000 yen (environ 100 €).

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Notre plan: 4 jours et 4 nuits, une cinquantaine de kilomètres et environ 6 000 mètres de dénivelé répartis sur 6 sommets. Au départ plus nombreux, nous étions finalement  5 à participer à l’aventure: deux français, une française et deux japonaises. Malgré la courte durée du séjour, le temps de préparation fut assez conséquent, occupant une bonne partie de mes journées pendant plusieurs semaines. Au-delà des soucis de logistique, ce sont les détails techniques du treken lui-même qui étaient en cause.

Daisetsuzan
Article sur le Daisetsuzan dans un magazine

Car cette excursion n’est pas tout à fait une promenade de santé. Réputé parmi les randonneurs comme relativement difficile, la traversée du Daisetsuzan, ou « Grand Traverse », comporte de nombreux défis à relever. Mis à part les pentes parfois rudes, le parc est également sujet à un climat changeant et potentiellement hostile, comme nous en avons malheureusement fait l’expérience… Les vents peuvent atteindre des vitesses record, et même en été certaines zones restent enneigées. Les premières neiges tombent à la mi-septembre. Notre programme, étalé du 30 août au 2 septembre, était donc situé en fin de saison.

Le second danger, ce sont les ours bruns, « higuma » (ヒグマ) en japonais, qui vivent en grand nombre dans le parc. Leur présence ne doit pas être prise à la légère et il est indispensable de porter sur soi en permanence une cloche « anti-ours » afin de les tenir éloignés. Nous avons eu la « chance » d’en apercevoir un lors du second jour, chance car nous étions alors dans une hutte et l’ours en question était visible, à une centaine de mètres, à travers une fenêtre. C’est cependant peu rassurés que nous sommes repartis le lendemain, empruntant un chemin apparemment plus fréquenté par les ours que les randonneurs (d’après les mises en garde d’un garde du parc).

Panneau signalant le passage fréquent d’ours
Panneau signalant le passage fréquent d’ours…

Enfin, la question des vivres est également cruciale. Évidemment, il est nécessaire comme pour tout séjour de ce genre d’emporter avec soi assez de nourriture pour l’ensemble du trek. Cependant, une des difficultés propres au Daisetsuzan est liée à l’eau. Elle est en effet impropre à la consommation du fait de la présence relativement abondante d’un parasite, l’Echinococcus, provenant de l’urine des renards. Il est donc nécessaire de faire bouillir l’eau avant de la boire pendant quelques minutes, ce qui demande un certain niveau d’organisation. Surtout lorsque, comme dans notre cas, il n’y a qu’un réchaud pour 5 personnes…

Malgré ces quelques difficultés d’ordre technique, le parc offre de tels paysages que l’effort demandé est largement récompensé. La plus grande des difficultés à laquelle nous ayons dû faire face restera la perte de notre tente au cours de la première nuit, qui n’a pas survécu à une tempête nocturne, bien qu’ayant vaillamment lutté jusqu’à 4h30 du matin. Heureusement, les points de campement prévus pour les jours suivant comportaient tous un abri. Hautement recommandé à tout randonneur possédant un minimum d’expérience.

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