Mon cas

Je décris ici de manière succincte les grandes étapes de la construction de mon projet d’étude au Japon. Les événements sont présentés dans un ordre chronologique. À chaque étape, la période de l’année de préparation correspondante est indiquée. Le calendrier ainsi dressé peut varier d’une université à l’autre, voire même d’un département d’étude à l’autre. Cet exemple donne cependant une idée du temps nécessaire pour monter un projet du genre et des délais auxquels s’attendre.

Double diplôme

J’ai intégré l’Université de Tokyo alors que je suivais un cursus de formation d’ingénieur en France. Plus précisément, j’ai effectué quatre années d’études supérieures avant mon départ : deux années de classes préparatoires et deux années d’école d’ingénieur à l’ENSTA ParisTech. À ce stade de mon cursus universitaire, j’étais donc en possession d’un Bachelor of Science dans le système international et passais du premier cycle (undergraduate) au second (postgraduate). C’était donc pour moi le moment d’envisager d’effectuer la suite de mes études à l’étranger, en substituant deux années de Master à ma dernière année d’école d’ingénieur. C’est ce qu’on appelle un « double diplôme », car à l’issu de ces deux années je serai diplômé à la fois de l’ENSTA ParisTech (diplôme d’ingénieur) et de l’Université de Tokyo (Master). La plupart des écoles d’ingénieur proposent ce genre d’opportunité.

Il est à noter que certains accords existent entre des écoles françaises et des universités étrangères. Dans le cadre d’un tel partenariat, les démarches sont évidemment grandement simplifiées. S’il n’existe pas d’entente entre l’école d’origine et l’université d’accueil, comme ce fut le cas pour moi, il faut s’attendre à passer beaucoup de temps à monter les différents dossiers nécessaires à l’admission. L’essentiel est d’entreprendre son projet suffisamment tôt. Pour mon départ en octobre 2011, j’ai entamé mes démarches en septembre 2010.

Choix d’un programme

La première étape dans la mise sur pied d’un tel projet consiste à choisir un programme d’étude. Le choix de l’université est bien sûr important mais ne doit cependant pas passer avant le choix du sujet d’étude. Dans mon cas, j’ai consulté les sites de nombreuses universités japonaises, notamment situées à Tokyo et à Kyoto. J’ai ainsi effectué une première sélection de programmes m’intéressant. J’ai retenu quatre programmes au total : un à l’Université de Tokyo, un à Keio University, un au Tokyo Institute of Technology (TokyoTech) et enfin un dernier à l’Université de Kyoto. Parmi ces programmes, celui de l’Université de Tokyo était celui qui m’intéressait le plus. Son intitulé est Nuclear Engineering and Management Master’s Degree (voir la section Todai -> Ma formation pour plus de détails).

Il est à noter que certains programmes permettent de postuler à la bourse du MEXT par recommandation de l’université alors que d’autres n’offrent pas cette possibilité. Il s’agit d’une composante importante à prendre en compte lors du choix d’un cursus. Se référer à la partie Les bourses japonaises pour plus de détails.

L’étape de recherche d’un programme d’étude n’est pas à négliger et nécessite un important investissement en temps. Dans mon cas, cette phase s’est étalée sur les mois de septembre et octobre 2010.

Constitution des dossiers

Les dates butoirs de dépôt des dossiers sont généralement fixées en décembre ou janvier pour les programmes proposant de postuler à la bourse du MEXT par recommandation de l’université d’accueil. J’ai finalement déposé deux dossiers de candidatures : un pour l’Université de Tokyo et un autre pour Keio University. Les principales pièces à joindre aux dossiers de candidature étaient :

  • les relevés de notes depuis le baccalauréat ainsi que leur traduction en anglais ;
  • une ou plusieurs lettres de recommandations ;
  • un certificate of expected graduation mentionnant la date prévue d’obtention du Bachelor of Science ;
  • les certificats de TOEFL et/ou GRE (voir la section TOEFL et GRE) ;
  • un dossier médical (très complet : prises de sang, radio des poumons…) ;
  • un plan de recherche personnel.
Le plan de recherche est censé présenter de manière précise le projet de recherche que l’étudiant va entreprendre au cours de ces deux années de Master. En effet, tous les Masters comportent au Japon une composante de recherche. Ce document est en fait davantage un exercice qu’un réel plan de projet. Il permet de juger la capacité de l’étudiant à planifier un projet sur une période de deux ans. Dans mon cas personnel, ce document n’a en rien déterminé mon projet de recherche effectif.

Comme il est précisé dans la section Les bourses japonaises, un étudiant ne peut postuler à la bourse du MEXT que par une seule voie. Concrètement, cela signifie qu’il a fallu que je choisisse si je désirais postuler à ladite bourse par l’Université de Tokyo ou par Keio University. Ma préférence portant sur le programme de l’Université de Tokyo, c’est par celle-ci que j’ai décidé de postuler à la bourse.

Compléter un dossier de ce genre peut s’avérer relativement long. Notamment, les examens médicaux doivent être réalisés suffisamment tôt pour être en possession des résultats en temps voulu.

Sélection

Les résultats de la première phase de sélection ont été publiés courant février. Ayant reçu un avis favorable des deux universités, j’ai rétracté ma candidature à Keio University.

Une seconde phase de sélection a alors débuté à l’Université de Tokyo. Celle-ci a consisté notamment en une suite d’entretiens par e-mails avec différents professeurs du département de Nuclear Engineering and Management. Il est à noter que certains professeurs préfèreront des entretiens par Skype, voire même un « réel » entretien à l’occasion du déplacement d’un professeur en France par exemple. Dan mon cas, les entretiens ont consisté en une série de douze questions posées par quatre professeurs. Les questions étaient en rapport avec mon projet d’étude et étaient plus ou moins techniques. Ce que testent les professeurs par cet exercice, ce ne sont pas les connaissances du candidat puisque celui-ci dispose de toute la documentation qu’il souhaite ; c’est plutôt sa capacité à formuler une réponse claire, structurée, complète et argumentée. Évidemment, les professeurs attendent également de la part du candidat des réponse rapides. J’ai obtenu le résultat de cette seconde phase de sélection au cours du mois de mars.

Note : cette deuxième phase de sélection présente un double enjeu. À l’issu de celle-ci, les étudiants acceptés au sein du programme seront nommés. Par ailleurs, quelques uns d’entre eux seront sélectionnés par l’Université qui soutiendra leur dossier de bourse du MEXT auprès du gouvernement japonais. Concrètement, cela signifie qu’ils recevront effectivement la bourse du MEXT, le gouvernement acceptant de manière quasi-systématique les dossiers soutenus par les universités.

Démarches post-admission

Une fois l’admission confirmée, il me restait quelques formalités à régler avant mon départ. Tout d’abord, il m’a été nécessaire de signer quelques documents et de les renvoyer à l’administration pour confirmer ma décision de suivre effectivement le programme à l’Université de Tokyo.

L’attribution de la bourse du MEXT par le gouvernement japonais n’a été officialisée que courant mai. À ce moment là, l’Université m’a fait parvenir les documents officiels signés du Président de l’Université de Tokyo et me permettant de déposer une demande de visa auprès de l’ambassade du Japon en France en tant que bousier du gouvernement japonais (文部科学省, monbukagakusho). Le visa est délivré en quelques jours et est valable pour les deux années d’étude.

En ce qui concerne le logement, l’Université propose un certain nombre de studios à des prix très intéressants. Le nombre de logements étant bien inférieur au nombre d’étudiants, il est nécessaire de constituer un dossier de demande. J’ai fait mon dépôt de  dossier courant juillet et les résultats ont été publiés fin août. J’ai eu la chance de me voir attribué un logement par l’Université. Se référer à la section Se loger à Tokyo pour plus de détails.

Enfin, en tant que boursier du gouvernement, l’Université s’est occupé d’acheter mon billet d’avion pour me rendre à Tokyo. La procédure a été effectuéecourant août et j’ai reçu mon billet en septembre.

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